Partie 1 : « Que sais-je de l’amour au juste ? »
1 Jean 4 vs 19 : « Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. »
Romains 8 vs 25 à 39 : « Qui [me] séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? […]. Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, […] ni aucune autre créature ne pourra [me] séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ [mon] Seigneur. »
Matthieu 22 vs 36 à 40 : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? Jésus […] répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. »
L’amour (et ses déclinaisons) fait partie des mots les plus employés de la langue française. Qu’on le dise, qu’on le chante, qu’on le pense, qu’on le danse, qu’on le dessine, qu’on le sculpte, on aime être aimé, on aime se savoir aimé de ses parents, de ses amis, de son conjoint, de ses enfants. Combien de problèmes, de violences, de cicatrices, de frustrations sont le résultat d’un manque d’amour, d’un manque d’acceptation !
Mais que sait-on vraiment de l’amour ? Que sais-je moi-même de l’amour ? Qu’est-ce qui façonne la conception que j’en ai ? Le zouk love ? La société ? L’environnement ambiant ?
En tant que chrétienne, en sais-je plus sur l’amour ? Que sais-je ? Dieu est Amour, il nous faut nous aimer les uns les autres et après ? Est-ce que cela fait sens pour moi ? Est-ce que je comprends ce que cela veut dire vraiment, ce que cela implique ?
En 1 Corinthiens 12, à la fin du chapitre, l’apôtre Paul, après avoir parlé des différents dons qui s’exercent dans l’église dit qu’il va nous montrer une voie par excellence et il embraye sur un texte super connu : 1 Corinthiens 13 qui est une description de l’Amour. Ce texte je l’ai lu à mon mariage… Mais au-delà des mots, je veux le vivre. Bien plus qu’une notion, bien plus qu’un concept, je veux aimer de cet amour-là…
Oui ! Mais voilà, je suis humaine ! Quand mon mari m’énerve, je n’ai aucune envie de l’aimer de cet amour-là…Je veux le baffer, je veux déverser sur lui tout le flot de colère que je ressens. Quand je trouve qu’il agit envers moi de façon injuste, je veux lui rendre la pareille… Œil pour œil, dent pour dent. C’est biblique, non ?
Partie 2 : « Je vais prier pour que tu changes ! »
– « Vanessiane ? »
– Oui Seigneur !
– Tu es déjà une femme de prière. Tu as grandi dans une famille dans laquelle la prière avait et a encore un vrai sens ! Mais voilà, je veux un engagement autre, nouveau, différent…
– Différent ?…
– Oui, je veux que tu me consacres du temps, un autre temps !
J’entrevoyais ce que cela impliquait. J’ai négocié, hésité, discuté, parlementé, argumenté. Pas bien longtemps, 3 mois ! Mais j’aime le Seigneur, vraiment, je l’aime de tout mon cœur. J’aime à passer du temps en sa présence. Voilà maintenant 25 ans que je lui ai donné ma vie et c’est sans regret.
Je n’oublierai jamais ce moment-là. C’était un dimanche de juillet 1992 lors d’une campagne d’évangélisation en Guadeloupe. Une promesse que j’avais faite à Dieu m’est revenue comme un boomerang. En février de cette même année, je devais me faire opérer. Une double opération : appendicite et hernie ombilicale. Rien de bien méchant me direz-vous ! Mais voilà, la petite fille de 11 ans que j’étais était terrorisée à la seule idée d’aller à l’hôpital pour s’y faire opérer. Ah oui, il faut que je vous dise. Quelques années auparavant, je devais avoir 5 ou 6 ans, j’ai perdu en l’espace de quelques mois mes deux grands-parents paternels. Tous deux rentrés à l’hôpital vivants en sont ressortis morts. Vous voyez le tableau ? Alors l’idée d’aller à l’hôpital m’effrayait. Mais je connaissais le Dieu de la Bible. Ma grand-mère maternelle nous emmenait ma sœur, mon frère et moi à l’église évangélique de Petit-Bourg dès notre plus jeune âge. Alors j’ai fait un pacte avec Dieu. Je lui ai dit ceci : « Si Tu permets que je sorte vivante de cette opération, je te donnerai ma vie » ! Comme vous pouvez le constater, je suis vivante puisque je peux vous conter cette histoire (sourire) !
Je suis sortie de l’hôpital, je me suis remise de l’opération et j’ai repris ma petite vie d’enfant de 11 ans. Oui ! Mais voilà, Dieu, lui, n’avait pas oublié la promesse que je lui avais faite. Il avait tenu Parole Lui ! En juillet, durant ce temps d’évangélisation, Il m’a rappelé ma promesse et c’est sans hésiter que je lui ai en retour offert ma vie et je vous assure que c’est sans regret.
Je connais Dieu ! Au fil des années, j’ai appris à savoir que cela ne sert à rien de fuir ou de faire de la résistance. Il est Dieu ! Il est de loin plus fort que nous. Et s’il est très respectueux de qui nous sommes, si jamais Il ne défonce les portes de nos vies, Il sait comment s’y prendre pour nous amener à suivre Ses plans !
Donc face à son appel à prier autrement, je n’ai pas résisté bien longtemps. Je me rappelle de ce moment. Ma mère et ma petite sœur étaient venues en vacances chez nous et ma mère m’a dit : « Vanessiane si Dieu te demande de prier autrement, fais le ! »
Cela impliquait que je sois réveillée avant tout le monde, genre vers 4 heures du matin ! Mais j’ai dit : « Ok Seigneur, je tente l’aventure ! » Tu me demandes de prier autrement, j’obtempère mais je vais prier pour que mon mari change ! D’ailleurs c’est ce que j’ai dit à mon mari : « Le Seigneur me demande de prier autrement, je vais prier pour que tu changes ! ».
Partie 3 : « Découvrir Dieu autrement »
Chaque matin, assise aux pieds du Seigneur, dans une réelle intimité, là dans le silence de ma maison, je savourais ce moment privilégié avec mon Dieu. Au final, ça vaut toujours la peine d’obéir à ce que le Seigneur nous demande. On est toujours gagnant. Ça vaut bien les levers matinaux même si ce n’est pas toujours simple de se lever si tôt !
Etape par étape, dans ce cœur à cœur avec mon Père, Il m’émerveille, m’interpelle. Je lui raconte tout, mes frustrations, mes craintes, mes désarrois mais aussi mes joies et mes fous rires. Même si je sais qu’Il est présent et qu’Il voit tout ce que je fais de mes journées, je les lui raconte détail par détail. On peut rire, pleurer ensemble. Toujours Il m’écoute, sans se lasser, sans s’impatienter que mon discours s’achève. Quand je suis trop énervée pour pardonner, Il me permet d’avoir une autre perspective des situations que je vis. Je ne lui cache rien de qui je suis, de mes aspirations, de mes ambitions, de mes rêves. Je lui permets de me sonder. Il me révèle des choses enfouies en moi dont je n’avais pas conscience. Il voulait que je prie autrement afin que je Le découvre autrement !
Au final, au fil des jours, des semaines, des mois, Il m’a transformée. La prière n’est pas une baguette magique que l’on agite pour changer les gens, les choses et les circonstances à notre guise. La prière c’est bien plus, c’est une communion, une relation entretenue avec son Père, son Ami, son Seigneur. C’est une relation qui ne peut que vous transformer, vous façonner, changer votre façon de penser, de voir, de faire, de vivre. Une relation au travers de laquelle vous apprenez à regarder non plus aux choses visibles mais à celles qui sont invisibles car vous comprenez que les choses visibles sont passagères alors que les invisibles sont éternelles (2 Corinthiens 4 vs18).
Et c’est là, au détour d’une obéissance, que le Seigneur m’a révélé son projet d’Amour pour moi. Je suis d’un caractère audacieux. La justice de Dieu me fascine. Je déteste voir les gens vivre n’importe comment sous prétexte que Dieu est Amour et qu’Il pardonnera tout. C’est vrai Il est Amour notre Dieu mais Il est aussi Justice, Sainteté et Vérité. Il est Amour et il est aussi ce Feu dévorant. L’injustice me révolte, mais me révolte au plus profond. Mon caractère fait que je n’ai aucun problème à lutter pour une cause juste ! Aucun ! Et croyez-moi, on va m’entendre ! Sauf que…
Qu’est-ce qui motive réellement cet engagement ? Derrière mes actions qui semblent honorables, qu’est-ce qui se cache vraiment ? Le Seigneur a révélé mes vraies motivations. C’est fou comme mon cœur pouvait être tortueux, orgueilleux, centré sur moi et pourtant j’étais persuadée de faire ce qui était juste et droit. Mais à la lumière de la Parole de Dieu, plus de secrets, plus de faux semblants, on est mis à nu. Notre « vrai nous» est révélé et on ne peut que se sentir misérable. On comprend notre immense besoin de Dieu, on comprend que le péché est vraiment quelque chose de laid.
Dans cette humilité, dans cet état de contrition où notre égo est au plus bas, le Seigneur nous ouvre grand Ses bras d’amour. Il nous relève, nous console, nous remplit de Lui. Le sacrifice de Jésus pour nous à la Croix prend un autre sens, une autre dimension. On comprend les notions de mourir et de revivre. Mourir à soi pour vivre la vie que Dieu veut que nous vivions. Une vie épurée, une vie dépouillée de nous-mêmes, une vie sécurisée dans son Amour !
Partie 4 : « Avec Dieu, en matière de changement, c’est moi d’abord…et l’autre ensuite »
En tant que chrétien, on apprend souvent qu’il nous faut se soucier de l’autre, être au service de l’autre, aimer son prochain. L’autre, l’autre, encore et toujours l’autre. C’est vrai. La Bible nous dit que si nous n’aimons pas notre frère que l’on voit, comment pouvons-nous prétendre aimer Dieu que nous ne voyons pas (1 Jean 4 vs 20) ?
Avec Dieu toutefois « la vi la ni on sans i ka woulé[1] ». On ne met pas la charrue avant les bœufs.
A la création, Dieu a créé Adam, Il n’a pas créé l’humanité ! Eve même est venue après. Adam avait une relation parfaite en tête à tête avec Dieu. Le péché a mis une séparation entre l’homme et son Créateur. Par le sacrifice de Jésus à la Croix, on peut de nouveau accéder à Dieu et vivre avec lui une relation intime et personnelle avec l’aide du Saint-Esprit. Mais le facteur « péché » fait que cela nous coûte, cela nous demande des efforts car vivre une relation profonde et intime avec Dieu c’est aller à contre-courant de notre nature charnelle, de nos raisonnements, de nos connaissances et au début c’est carrément inconfortable.
La Bible nous enseigne à aimer notre prochain comme nous-mêmes. Mais on s’attarde souvent à la première partie de ce verset « aime ton prochain » et on en oublie la deuxième qui est fondamentale « comme toi-même ». Avec Dieu les choses ont un sens. Comment aimer l’autre si déjà je ne m’aime pas moi-même ? Comment puis-je avoir une relation équilibrée avec les autres si j’ai une trop haute estime de moi ou si à l’inverse je me rabaisse sous prétexte qu’un bon chrétien vit dans l’humilité ?
Quand on accepte Jésus comme Sauveur et Seigneur de nos vies, nous changeons de statut et de citoyenneté. On passe du royaume de Satan à celui de Dieu. On a une nouvelle identité. Quand un enfant naît, en général, ses parents l’entourent d’amour, d’affection, de tendresse. L’amour est fondamental à la construction physiologique et psychique de l’enfant. Dieu agit de la même manière avec nous. Il veut nous entourer de son Amour. Il veut nous mettre en sécurité dans son Amour. Il veut que nous prenions conscience du fait que son Amour durera toujours et restera inchangé malgré nos erreurs, nos faiblesses, nos mauvais caractères, notre passé. Regardez les bébés, ils n’ont pas peur de crier, de pleurer, d’être eux-mêmes car ils se savent aimés de leurs parents.
Dieu nous accepte tels que nous sommes et veut nous apprendre à en faire autant : qu’on soit maigre, gros, chivé gréné[2], beau, nain, tacté[3], noir, métisse, chabin[4], albinos… Qu’on soit issu d’une famille aisée ou qu’on ait grandi dans une case en tôle. Qu’on soit petit-fils de colon ou d’esclave. Que notre père soit pasteur ou simple membre de l’église. Que nous soyons doués pour les études ou plutôt pour les travaux manuels. Qu’on soit marié ou célibataire. Qu’on travaille ou qu’on soit au chômage. Dieu veut que nous fassions le point sur notre famille, notre culture, notre éducation, l’enseignement religieux reçu. Il nous aide à identifier nos blessures, nos rancœurs, nos frustrations. Il met en lumières les choses cachées. Il nous soigne avec patience et douceur. Il nous restaure, nous purifie, nous accorde son Pardon, nous permet de pardonner en retour. Il nous libère de ces chaines, de ces liens de la colère non dite, du ressentiment. Il change notre vision faussée de nous-mêmes. Il nous apprend à poser un regard juste, équilibré et aimant sur qui nous sommes réellement.
Partie 5 : « Maintenant, je sais un peu ce qu’Aimer veut dire »
On vit dans un monde où tout doit aller vite. Mais Dieu fait des choses belles et durables et cela prend souvent du temps. Joseph a passé des années difficiles (Genèse 39 et 40) avant de voir l’accomplissement de la promesse de Dieu (Genèse 37 et 41). Moïse a passé 40 ans dans le désert avec Dieu avant la libération du peuple d’Israël d’Egypte. David a passé une jeunesse en tant que berger (1 Samuel 17 vs 34-37) avant d’être oint roi. Quand il fut oint roi (1 Samuel 16), il a passé des années à fuir Saül. Il a été proclamé roi à Hébron d’abord puis à Jérusalem ensuite (2 Samuel 5 vs 3-5) des années après. Esther dût attendre des années avant d’être appelée auprès du roi Assuérus (Esther 1vs 3 et 2 vs 16).
Dieu veut nous qualifier. Il veut que nous soyons à son service, que nous accomplissions ce pourquoi Il nous a créés et que nous servions les autres mais avant, Il veut nous façonner. A l’écart !
Aujourd’hui, je peux témoigner car durant des mois, à l’écart, le Seigneur m’a enseignée, m’a appris une nouvelle façon de le voir. Il m’a aidée à faire le point sur mon identité d’enfant de Dieu.
Aujourd’hui, je peux vous dire un peu de ce qu’aimer veut dire.
Aimer c’est accueillir l’Amour de Dieu en moi. Le laisser m’inonder, m’envahir tout à la fois.
Aimer c’est connaître de manière intime Celui qui est Amour : Dieu (au travers de Jésus et grâce au Saint-Esprit).
Aimer c’est savoir qui je suis : la princesse de l’Eternel et ne permettre à personne de me traiter n’importe comment ou alors je fuis.
Aimer c’est être en accord avec moi-même. Etre cohérente. Connaître mes limites. Savoir dire mes qualités, mes dons, mes talents, mes compétences sans rien exagérer mais avec équilibre et droiture, sans fioritures.
Aimer c’est connaître mes défauts, mes manquements, mes faiblesses. C’est les remettre à Dieu sans crainte d’être rejetée ou jugée. Je sais qu’Il m’aidera à m’améliorer avec tendresse.
Aimer c’est accueillir l’Amour de Dieu en moi pour ensuite le transmettre à l’autre.
Aimer c’est poser un regard juste sur l’autre, quel qu’il soit : parent, ami, conjoint, frère, patron, pasteur, autre…
Aimer c’est encourager l’autre dans sa tâche, lui dire une parole de vie qui le mettra en marche.
Aimer c’est exhorter l’autre, non pas en le culpabilisant, mais avec compassion et une réelle envie qu’il fasse autrement.
Aimer c’est refuser les compromis, les faux semblants. Je n’ai pas besoin de faire ce que font les autres pour être acceptée. Dieu m’aime et c’est suffisant.
Aimer c’est obéir à Dieu.
Aimer c’est voir, voir au travers des yeux de Dieu. Le véritable amour n’est pas aveugle. Il voit.
Aimer c’est être vrai, avec l’autre, avec Dieu, avec soi.
Aimer c’est comprendre que ma vie n’est que grâce alors je ne peux traiter l’autre qu’avec grâce.
Chaque jour, je dois me re-consacrer car les choses ne sont pas acquises tant que l’on est sur cette terre. Chaque jour je dois me remplir de Dieu afin qu’il m’inonde de son Amour pour être capable de le transmettre à l’autre… Je veux offrir un amour dépouillé de tout désir de changer l’autre. Je ne veux plus manipuler l’autre par mes émotions, mes sentiments, mes paroles. Mon seul désir c’est que l’autre soit celui que Dieu veut qu’il soit. Je veux, chaque jour, être ce canal de l’Amour de Dieu…
[1] La vie a un sens
[2] Cheveux afros très crépus
[3] Personne ayant des tâches de rousseur
[4] Personne de race noire à la peau très claire
Extrait du recueil de réflexions : Le Grain de blé. Auteur et propriété : Vanessiane ELICE