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Avant-Propos

Avant-Propos

Toute petite déjà je savais exactement ce que je voulais faire : enseigner ou être femme d’affaires toujours entre deux avions. Nous avons longtemps habité une case en tôle avec mes parents ainsi que mon frère et mes sœurs. J’avais pour habitude de jouer à l’institutrice en écrivant sur les murs extérieurs de la maison au feutre indélébile vert. C’était mon tableau. Dans la petite cour intérieure qui faisait pour moi office de salle de classe, il y avait 3 grosses roches volcaniques. C’était mes élèves. Je les corrigeais, leur enseignais, les reprenais pour leurs écarts de conduite. Mes parents me laissaient faire (merci manman[1] et papa). Quand mon « tableau mural » devenait trop rempli, et quand il en avait marre de voir le mur en vert, mon père repassait une couche de peinture par-dessus. Et de nouveau, je recommençais mes cours. Quand je ne donnais pas cours, je m’asseyais devant la table de la machine à coudre de ma mère. C’était une table sophistiquée en bois massif dans laquelle on pouvait « replier » la machine. Quand la machine était à l’intérieur de la table, cette dernière se transformait, à mes yeux d’enfant, en un magnifique bureau. Je me mettais alors un foulard sur la tête pour simuler une chevelure longue et resplendissante, à l’instar de ces femmes d’affaires des films américains de l’époque. Je chaussais les chaussures à talons de manman, je me versais un fond de jus de pomme dans un verre à moutarde large pour simuler un « scotch » et je m’installais à « mon bureau » afin de traiter des affaires urgentes, téléphone en main.

Le temps a passé, j’ai grandi. Mes « jeux » d’enfants ont laissé place à une ado studieuse, plutôt bonne élève, sans difficultés majeures, du moins jusqu’au collège. Le lycée, c’était une toute autre affaire. Trois années compliquées. Je semblais avoir perdu toute intelligence et toute facilité dans le processus d’apprentissage. J’y ai quand même survécu. J’ai obtenu mon bac S option SVT, sans trop de conviction.

Le bac en poche, il me fallait envisager des études. Oui ! Mais lesquelles ? Je ne suis pas une vraie scientifique bien que j’affectionne les exercices de calculs et les problèmes mathématiques. J’aime beaucoup la lecture et l’écriture mais pas suffisamment pour suivre un cursus purement littéraire. Devenir enseignante ? Plus vraiment au vu des évolutions sociétales. Sans aucune conviction, j’ai donné 30 francs (et oui, j’ai connu l’époque du franc) à une amie afin qu’elle me retire un dossier d’inscription à la fac de sciences à l’université en Guadeloupe. Dans le même temps, une conseillère d’orientation, après m’avoir fait passer un test m’a parlé d’une nouvelle formation qui avait ouvert l’année d’avant dans une ville un peu plus éloignée. Il s’agissait d’un IUT (Institut Universitaire et Technologique) dans lequel on pouvait préparer un diplôme en gestion d’entreprise. Une de mes tantes m’a retiré un dossier d’inscription juste avant la date butoir.

La main invisible de Dieu était au contrôle car je ne sais plus trop pour quelle raison, mon amie n’a pu me retirer le dossier à la fac de sciences. J’ai ainsi pu économiser mes 30 francs.

Je fus admise à l’IUT et durant deux ans, je me suis familiarisée, non sans mal au début, avec de nouvelles matières comme la comptabilité, le contrôle de gestion, la fiscalité ou la gestion financière. Plus je faisais de la gestion et plus j’aimais cela. Cette discipline semblait me correspondre. J’ai poursuivi mes études au Canada et j’ai obtenu un Master en gestion dans une université en France.

Après mes études, j’ai commencé à postuler dans de « grosses boîtes » dans lesquelles je pourrais poursuivre mes rêves de « femme d’affaires » ! Mais en vain. J’en ai voulu au système! A ce système qui vous pousse à faire de longues études, qui vous fait miroiter les plus beaux postes, et qui, à la sortie, vous laisse là, face à vous-même et à vos désillusions ! Après avoir mûrement réfléchi, et quitte à me résoudre à être mal rémunérée au regard de mes années d’étude, je préférais investir mon temps et mon énergie dans le fait d’aider mon prochain. Je n’aurais peut-être pas le salaire et la reconnaissance correspondant à mes années d’études, mais en rentrant chez moi le soir, j’éprouverais la satisfaction d’avoir amélioré, au moins un peu, le quotidien de quelqu’un.

C’est alors que j’ai entamé des recherches sur des formations courtes qui m’apporteraient des compétences dans le secteur du social. J’en ai trouvé une et j’y fus admise.

Mes rêves d’une carrière de « femmes d’affaires », tels que je les concevais, se sont déconstruits  peu à peu pour faire place à des rêves épurés, en accord avec ma personne et mes valeurs. Je trouve que cette citation extraite de la Bible, est en ce sens appropriée : « […] si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Jean 12 vs 24

Aujourd’hui, mon projet professionnel est épuré, dépouillé et clairement défini. Cependant, il est vrai que, depuis la fin de mes études, je n’ai pas beaucoup « travaillé ». J’attends plus ou moins avec patience l’accomplissement des plans de Dieu. On pourrait qualifier ce contexte d’inactivité professionnelle de « difficile » mais, sur un plan personnel, il est au final pour moi bénéfique. En effet, durant ces dernières années, j’ai, je crois, appris plus de Dieu qu’en trois décennies. C’est lui qui met en nous des rêves, des aspirations et si on lui fait confiance dans la manière dont Il a de conduire notre vie, Il nous permettra de vivre ses desseins pour nous…à merveille.

Ma longue période d’inactivité professionnelle a été et est encore pour moi, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, l’occasion de vivre une intimité avec Dieu que je n’aurais pu développer si je travaillais, même si, je l’avoue aisément, attendre l’accomplissement des plans de Dieu n’est pas toujours simple au quotidien. Mais le Seigneur m’a toujours relevée et donné la force de vivre le jour d’aujourd’hui et celui de demain. Il m’a, par son Saint-Esprit et grâce à Jésus, enseignée, corrigée, reprise, édifiée, façonnée, fortifiée, encouragée, épurée, sanctifiée, réconfortée, rassurée, écoutée, préparée pour la mission qu’il veut me confier. On a ri, pleuré ensemble. On a réfléchi ensemble et, dans ce recueil, un peu comme une enseignante qui transmet, Il me permet de vous livrer un peu, rien qu’un peu de ce que Lui m’a transmis.

Mais personne ne se construit seul. Dieu est là et Il utilise aussi des personnes qui nous aident, à leur manière, à grandir, à réfléchir, à nous remettre en question. Cette belle aventure, je ne la vis pas seule. D’autres, mon mari et ma fratrie, y contribuent également, chacun à sa façon ; afin que vous sachiez que le Dieu que nous servons n’est point le mythe d’un vieux livre poussiéreux. Il est bien réel et vivant et Il agit dans notre quotidien.

Nous n’avons rien de théologiens aguerris, mais humblement, nous prions pour que ces quelques lignes soient pour vous une amorce qui vous donnera l’envie et le désir de connaître plus en profondeur et par vous-même « Celui qui est » au travers de sa Parole – La Bible – la seule vraie source de paix, de bonheur, d’amour, d’unité, de joie, de bonté, d’intelligence, de sagesse, de justice, de vérité, de sécurité, de sainteté, de miséricorde, de compassion, de fidélité, de patience, de compréhension, de pardon…Croyez-nous, vous ne serez en rien déçus !

« Les paroles des sages sont comme des aiguillons ; et, rassemblées en un recueil, elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître. » Ecclésiaste 12 vs 13


[1] Façon dont on dit maman en créole guadeloupéen


Extrait du recueil de réflexions : Le Grain de blé. Auteur et propriété : Vanessiane ELICE

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